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Le Choix

Je suis ce qu'on appelle multipotentielle, et comme j'aime bien les défis, je me suis incarnée avec le pack TDAH. Alors l'hyperactivité chez moi n'est pas physique, elle est mentale... et épuisante.


À partir de là, faire des choix a toujours résonné pour moi comme extrêmement difficile, y voyant un sacrifice. Quand on a de multiples voix qui s'ouvrent, des facilités pour plein de choses, c'est chouette parce qu'on peut partir à la découverte de plein d'activités, de connaissances, d'expérimentations. Je me laisse porter par ce qui m'inspire, j'y vais à fond... pendant un temps... puis d'un seul coup tout s'effondre. Plus d'envie, comme si un mur entre l'enthousiasme qui m'habitait et moi s'était dressé d'un coup.


J'ai navigué comme ça pendant des années et des années, partant dans l'enthousiasme nouveau puis me noyant dans la distance que la joie prenait avec moi.

Je ne m'ennuie jamais longtemps, car la créativité est là, je m'inspire de tout ce qui m'entoure. Mais pour ce qui est de me fixer, c'est la croix et la bannière. La moitié de ma vie y est passée avant que j'y arrive.


Avec le temps, j'ai découvert que ce n'était pas l'ennui qui montait ce mur, mais l'impossibilité de faire un choix ferme. C'est comme se retrouver à l'aéroport avec un billet open pour toutes les destinations, se décider pour une d'elles, et une fois dans la zone d'embarquement, faire demi-tour.


Ce mur, c'est la peur. La peur qu'en faisant un choix, ça fermera la porte à toutes les autres destinations. La peur de se limiter, de devoir rester enfermée dans cette seule destination.


Quand j'ai compris ça, j'ai eu cette image d'un arbre, qui, partant des racines, forme d'abord le tronc, et ensuite étend ses branches, faisant elles-mêmes des ramifications. En choisissant une seule base, son tronc devient fort, solide, bien enraciné, ce qui lui permet d'étendre ses branches de plus en plus haut, de prendre de la hauteur, et de s'étendre majestueusement. Il a fait un choix. Un seul. Et est parti de là.


À l'automne, l'arbre décide de ce qui n'est plus bon pour lui, quelles branches il veut couper et lesquelles sont encore bonnes pour lui. Avec l'aide des éléments, il se déleste de tout ce qui ne lui convient pas, et laisse la place pour de nouvelles branches.


Ces branches devenues inutiles n'ont pas été des erreurs, mais des expériences. Le temps qu'elles étaient là, elles ont capté la lumière, participé à la vie de l'arbre, à le nourrir, à accueillir la vie qui voulait s'y poser aussi. Elles n'ont pas été inutiles, elles ne sont juste plus adaptées au meilleur potentiel de l'arbre.


Le tronc, ce n'est pas le choix en lui-même, c'est notre potentiel, c'est nous.

Partir du principe que choisir c'est laisser mourir tous les autres possibles, c'est une fausse idée. C'est avant tout s'empêcher de faire pousser des branches, quelle que soit la direction, s'empêcher de tester comment cette branche peut évoluer, et la modifier quand on sent qu'elle peut faire mieux.


Une nouvelle branche à la fois, c'est lui donner tout le potentiel possible. Alors que si on décide d'en faire pousser 10 à la fois de peur de manquer une opportunité, le potentiel est divisé par 10, ce qui ne permet pas aux branches de vivre leur meilleure vie.


Si cette difficulté existe, ce n'est pas pour rien. On nous assomme avec la réussite, en nous instillant une image d'elle très limitée. On met sur l'erreur une énergie très négative, tout comme l'échec. Des mots qui peuvent fortement alourdir l'expérience.


Erreur, échec. Ils sont imprégnés de jugement négatif, mettant à mal son estime de soi. Et il nous appartient de leur donner une autre vibration.

L'erreur fait partie de la vie, elle y est une clé d'apprentissage énorme. Je ne sais plus qui a dit : « L'erreur est le plus grand maître de la vie. »

Et l'échec peut être regardé avec bienveillance, car il est une branche qui a permis la vie, le mouvement, qui a permis l'expérience et l'apprentissage de l'erreur.


Aujourd'hui, je garde cette image en tête à chaque fois que je me retrouve confrontée à un choix, à chaque fois que la peur vient se mettre sur mon chemin, voulant m'empêcher de vivre l'expérience, se servant des mots "erreur" et "échec" pour bâtir un mur infranchissable.


Le choix ne me définit pas. Le choix ne me limite pas. Il m'apprend à faire pousser une branche à la fois, et à lui donner sa meilleure chance. Tout simplement.



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