
Celle qui s'est trompé de jeu
- emilieracault
- 19 oct. 2025
- 3 min de lecture
J'ai vécu cette semaine quelque chose qui est venu me toucher en profondeur. Quelque chose de banal à première vue, mais qui a fait résonner en moi un écho très intense et ancien.
J'avais prévu de fêter mon anniversaire lors d'une soirée « disco ». Quand j'ai prévu cette soirée, j'étais pleine d'enthousiasme, « à fond les ballons » ! J'avais déjà prévu la robe que j'allais mettre, des couleurs flashies, je me voyais m'éclater sur la piste de danse et passer un super moment avec mes amies.
Mais il s'est passé quelque chose. Durant la semaine qui a précédé, j'ai commencé à avoir des crises de larmes, des grosses larmes de crocodile, pour un oui ou pour un non. J'ai essayé de comprendre, et j'y ai associé la notion de liberté, mais je comprenais pas vraiment. Parce que je me considère aujourd'hui comme quelqu'un de libre.
Puis dans la semaine j'ai vu qu'ils avaient décidé de mettre un dress-code Rose pour la soirée (pour octobre rose). Là ça me titille, je n'ai aucune envie d'être contrainte d'adhérer à octobre rose, ça doit rester un choix personnel, un choix qui vient du cœur, et ce n'est pas de cette façon que j'ai envie d'y adhérer. Puis le jour J, je me rends compte que je n'ai pas de chaussures assorties à ma robe. Alors je vais faire du shopping, et là impossible de trouver des chaussures... je cherche aussi une nouvelle robe, rien !!! La frustration monte.
Je rentre chez moi, et une demi-heure avant notre rendez-vous, mon corps dit clairement non. Les larmes qui se mettent à couler, ma peau qui se hérisse à l'idée de sortir, je suis comme figée.
Je précise que ce n'est pas la première fois que je vais dans ce genre de soirée. Mais cette fois, mon corps a clairement dit stop.
Heureusement j'ai des amies en or qui ont très bien accueilli la situation, et on s'est fait une soirée pizza à la maison.
Et comme je suis du genre à vouloir comprendre, je suis allée creuser le pourquoi de cette réaction viscérale. Et je me suis rendue compte à quel point j'étais à côté de la plaque. À quel point je me suis construite sur une idée du partage, des soirées, des moments conviviaux, qui ne me correspondait pas. Une construction qui m'a servie pour être acceptée, qui m'a permis de trouver une certaine liberté, mais au détriment de celle que je suis vraiment.
J'ai grandi avec une amie qui était l'opposée de moi. Elle, elle ne vivait que pour elle, sans se soucier des autres. Elle n'avait aucune limite, aucune pudeur. Moi, j'étais étouffée par les peurs dans lesquelles on m'enfermait, étouffée dans mon enthousiasme dérangeant, et mal dans mon corps. Alors je l'ai prise comme exemple à suivre pour me permettre de sortir de ma prison. Je suis devenue elle, avec l'aide de l'alcool et de la drogue. Et j'ai façonné ma définition de la liberté à cette image.
Sauf que je ne suis plus cette fille-là. Je ne suis plus celle qu'on étouffe. J'ai cheminé pendant des années pour retrouver mon essence. Alors quand cette définition de la liberté est venue se poser sur celle que je suis aujourd'hui, il y a eu un gros conflit. Et c'est ce conflit que mon corps a exprimé aussi intensément.
Avec un travail de visualisation, j'ai pu évacuer ces croyances que je m'étais forgée.
Je me suis alors retrouvée dans un gros vide. « Mais si ce n'est pas ça qui m'anime, alors c'est quoi ? Comment je vis mes soirées maintenant ? ».
C'est pas évident de faire face à ces vides. Du moins au début. Quand on apprend à s'y plonger et à s'y reposer, les réponses ne tardent pas à venir.
Et sur cette page blanche, où je devais dessiner ma propre version de « la fête », j'ai pu y poser mes couleurs. La danse, par exemple, n'y est pas. Parce que c'est quelque chose que je vis comme un mouvement libérateur qui ne doit pas être interrompu par les autres, je préfère donc danser seule chez moi. Par contre, je suis quelqu'un de manuelle, de créative. J'ai besoin d'une activité qui puisse faire taire mon mental. J'ai donc dessiné des jeux, des moments créatifs, des quizz...
Et maintenant, quand je regarde cette nouvelle définition, ce tableau à mon image, mon corps est détendu, mon cœur vibre. Je ne suis plus dans « ce qu'attendent les autres », mais dans « ce qui me fait vibrer ».
Finalement, j'ai joué pendant toutes ces années à un jeu qui n'était pas le mien. Aujourd'hui, je vais pouvoir créer le jeu qui me correspond, avec lequel mon cœur d'enfant pourra être libre de s'exprimer pleinement.


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