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La Terre, une étincelle motrice

J'ai depuis toujours cherché à instaurer la paix autour de moi. En aidant les autres, en me faufilant dans des endroits isolés pour ne plus entendre le bruit de la peur, en étant d'une extrême exigence envers moi-même aussi pour ne pas être celle qui provoque le chaos.


Puis, chemin faisant, j'ai découvert que la paix est un état personnel et non une situation. Qu'elle s'installe à travers notre vision de la vie, et non dans le contrôle de celle-ci. J'ai découvert que l'aide apportée aux autres était autant un frein que de porter un enfant censé apprendre à marcher.


En continuant ma route, j'ai expérimenté l'isolement comme havre de paix… et il l'est ! Mais à quel prix. Tantôt ressourçant, tantôt déprimant, j'ai compris qu'il y avait un équilibre à trouver entre les deux.


Alors j'ai poursuivi, et j'ai commencé à apprécier le monde tel qu'il est, le jour, tout en retournant à mon isolement ressource la nuit.


J'ai ensuite commencé à ressentir, de plus en plus fort, le corps vieillissant, le poids de l'exigence qui reposait sur mes épaules. Cette exigence née de l'ordre, de cette croyance que « rester dans le cadre » était safe, et que le chaos était un démon à combattre. Alors j'ai continué à marcher, en cherchant les solutions pour ne plus avoir à combattre ce démon qui vit en moi… et un démon sacrément vivant en ce qui me concerne. Mais ce qui m'est apparu, au fil des pas, ce ne sont pas des solutions pour combattre le chaos, mais des images de lui qui me permettent de l'accepter, d'en comprendre l'essence et de l'aimer.


À partir de là, j'ai commencé à m'aimer, comme enfant du chaos, comme une personne qui s'est incarnée pour « mettre un coup de pied au derrière de l'ordre établi ».

Et là, tout a explosé. Le chaos, libéré, est parti dans tous les sens, comme un feu d'artifice non maîtrisé, capable de tout brûler sur son passage. C’est alors que j’ai commencé à saisir l’essence de l’ordre qui m’avait étouffée et que j'ai voulu briser… et à l’aimer pour ce qu’il est.


J'avançais toujours, l'équilibre s'installant petit à petit en moi, ordre et chaos n'étant plus deux opposés qui m'habitent mais un couple qui se complète pour créer l'unité.

C'est le principe de la dualité, de l'incarnation, et un de nos apprentissages sur cette Terre : comprendre que la dualité n'est pas un combat entre le bien et le mal, mais des facettes d'une même pièce qui se complètent et se rejoignent.


Alors, comme j'aime explorer et comprendre, je me suis posé cette question : pourquoi ?

C'est vrai ça ! On vit quand même des moments douloureux, des épreuves difficiles à traverser, des guerres… Alors pourquoi ?

J'ai alors eu l'image de la friction entre deux silex, ce frottement qui crée l'étincelle. Puis le moteur à explosion qui fait avancer le véhicule. Et cette théorie est née dans ma tête, une vision de la Terre que je n'avais jamais explorée jusqu'alors : et si la Terre, habitant le principe de dualité, était une des étincelles motrices de l'univers ? Et si la friction créée entre ces deux principes était justement le but de la vie terrestre ? Alimenter l'étincelle qui met en mouvement.


On la vit déjà en nous, cette dualité motrice. On l'expérimente dans nos cycles naturels : l'enfance comme expérimentation chaotique, l'adolescence comme « mise aux normes », expérimentant ainsi les deux éléments nécessaires pour nourrir notre étincelle. Comme l'air et le bois, c'est la façon dont on équilibre l'apport de chacun qui modifie l'intensité de la flamme créée. Le chaos et l'ordre sont comme l'air et le bois, et c'est à nous d'en équilibrer l'apport en nous pour générer en nous la plus étincelante des flammes.


Ces flammes que nous générons contribuent à alimenter le moteur de l'univers, sorti du néant pour créer le mouvement. Elles sont la flamme créatrice, génératrice, porteuse de vie.

Et notre mission, dans nos incarnations, n'est pas d'être le plus riche, le plus puissant, le plus généreux ou le plus magique, mais de trouver en nous cet équilibre qui permettra de faire naître la plus belle des flammes.


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